Tout le programme

Collection publique d’art contemporain

Le Conseil général de la Seine-Saint-Denis agit en faveur de l’art contemporain et de sa diffusion au public le plus large à travers :

>> Le soutien à la création artistique
>> La constitution de collections d’art contemporain et de photographie
>>Le partenariat avec les communes et les acteurs culturels de la Seine-Saint-Denis

Sa collection publique d’art contemporain rassemble plus de 700 œuvres, diffusées dans les villes et les établissements scolaires de la Seine-Saint-Denis et accompagnées d’actions de sensibilisation à l’art contemporain.

Chaque année environ 50 prêts sont effectués sur le département, 5000 jeunes sont inscrits dans un dispositif de découverte et d'approfondissement des oeuvres dans le cadre d'actions partenariales avec l'Education nationale et les villes de Seine-Saint-Denis. Chacune des œuvres présentées ici, extraite de cette collection publique, questionne de façon particulière la notion de construction.

Tjeerd Alkema

Tjeerd Alkema (né en 1942 aux Pays-Bas) se place dans la tradition artistique en utilisant le procédé de l’anamorphose qui consiste à jouer de la transformation d’une figure selon l’angle sous lequel on la regarde. Il opère en volume, s’amusant ainsi à piéger tout à la fois l’espace, l’œuvre elle-même et celui qui la regarde. L’aspect de maquette que donne l’usage de plâtre filassé renforce l’idée de construction présente dans son travail. 2 paquets de Gitanes pourrait synthétiser les deux piliers de l’histoire de l’art : toute œuvre d’art est une « chose mentale » comme le déclarait Léonard de Vinci, et elle n’existe qu’à travers le regard de son spectateur pour paraphraser Marcel Duchamp. L’opposition entre matière et illusion est ici résolue de façon ludique, à travers une opération un peu magique.

Eric Van Straaten

Eric Van Straaten, photographe hollandais né en 1955 aux Pays-Bas, s’inscrit d’une façon contemporaine dans la tradition picturale du paysage. Il saisit des événements transitoires, des mutations des lieux industriels. Ses compositions s’attachent à faire surgir des tableaux étranges teintés de surréalisme. Dans cet immense hangar, la nature reprend ses droits alors que trois hommes, minuscules, sont casqués et vêtus de combinaisons. Tels des cosmonautes, ils semblent égarés sur une planète en friche. La construction brutale de béton et de fer devient le théâtre d’une scène onirique où un feu de Bengale réintroduit un peu de magie à la faveur d’un rai de lumière tout droit sorti de la peinture ancienne, notamment d’une Annonciation. Mais quelle annonce nous était-elle faite dans ce décor industriel en décrépitude ?
Regroupées sous le titre d’Archéologie urbaine, les photographies réalisées par Stéphane Couturier (né à Paris en 1957) offrent des vues frontales de chantiers, de sites industriels et de paysages citadins totalement désertés. Si la façon dont il recompose l’espace au travers de son objectif leur donne l’allure de scènes vides, c’est que quelque chose d’une suspension - voire d’un arrêt définitif - y est à l’œuvre. La construction est au cœur de la composition spatiale de cette image, témoignant de la dimension sédimentaire des paysages contemporains.

Les oeuvres de Roland FISCHER (né en 1958 à Sarrebruck) reposent sur une interaction entre le fond et le motif, entre le contenu et la forme, entre le modèle et l’image. Il en résulte dans ses photographies une force d’évocation de la réalité, entre intériorité et extériorité, entre abstraction et figuration, entre signifiant et signifié. Ici, ce sont deux prises de vues de la cathédrale de Noyon qui agissent en parfaite surimpression. La vue de l’intérieur de la nef se superpose exactement à celle de la façade comme pour accentuer la majesté de l’édifice, l’architectonique des cintres, ogives et balustres, la troublante verticalité des colonnes nervurées... Grâce aux techniques digitales, l’espace physique (rationnel) se mêle intimement avec l’espace mental (spirituel).

Olivier Lounissi

Olivier Lounissi (né en 1973 en France) met en place des petites fictions acides éclairant la violence des rapports sociaux. Ici, il propose une sorte de fable où le courageux "jeune artiste" va, tout seul et en 24 minutes, mener à bien les travaux - du gros œuvre aux finitions - de création d'un centre d'art.

Fausse performance et vrai témoignage du ressenti d'un étudiant en art à qui on proposait de réaliser un reportage sur les travaux du nouveau centre d'art de la ville. C'est-à-dire à qui l'on demandait de regarder la naissance d'un espace et non pas de créer des œuvres pour ce lieu. Partant de cette commande qui ne manqua pas de l’irriter, il livre une réflexion sur le sentiment d'être un "artiste", sur la fonction symbolique, l'inscription sociale, le rapport au travail.

L'œuvre, par la pauvreté de l'image, le choix du cadre, tourne en dérision cette frêle silhouette consciencieusement appliquée, auto-désignée et prête à répondre à toutes les missions, ce "jeune ARTISTE" et "homme à tout faire", qui devra apprendre divers métiers avant d'espérer vivre un jour de son art. Cette vidéo soulève la question du conflit entre l'identité conférée par le travail et celle qui découle de la reconnaissance sociale. Pied de nez à la demande initialement documentaire, la vidéo fut présentée, comme œuvre à part entière, lors de l'inauguration du centre d'art …

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